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Développement
Afrique Subsaharienne

Repenser l’aide au développement ?

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François Gaulme

Chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l'ifri

« Vous ne m’avez pas entendu parler d’aide au développement », affirmait le 8 octobre 2021 Emmanuel Macron lors du Nouveau Sommet Afrique-France de Montpellier. En réalité, le président français avait défini dans le détail sa vision de l’aide publique au développement (APD) dès son discours-programme de Ouagadougou du 17 novembre 2018 sur la relation avec l’Afrique. Pour la première fois, il incluait dans son champ la culture et le sport, inflexion qu’il n’a cessé de maintenir ensuite.

Pour la première fois également depuis la décolonisation, il n’y a plus aujourd’hui de portefeuille de la « Coopération » ou encore du « Développement » dans le gouvernement français. Mais ce n’est pas là un signe d’effacement. Tout indique au contraire que le chef de l’État a voulu lui donner une importance accrue en devenant lui-même son propre ministre du Développement, exerçant directement son influence sur l’Agence française du développement (AFD), organe paraétatique en pleine restructuration, pour concentrer désormais tous les programmes d’APD et d’assistance technique gouvernementale.

La présidentialisation de l’aide au développement

Le président a donné une forte marque personnelle à la stratégie d’APD, jusque dans son vocabulaire, qu’il a distancié du discours habituel des instances internationales. Sa communication dans ce domaine met l’accent sur une relation forte mais dénuée de paternalisme avec l’Afrique, qu’il voudrait étendre à l’ensemble de l’Union européenne (UE). Au sommet de Montpellier, Emmanuel Macron a annoncé que l’AFD changerait prochainement de nom pour répondre aux critiques du concept d’ « aide » et traduire le passage à une ère de « partenariat » et « d’investissement solidaire ».

Pour autant, et selon le principe du « en même temps » qui caractérise la doctrine politique présidentielle, le devenir de l’APD française continue à être traité d’une manière plus traditionnelle. Le Parlement a adopté le 4 août 2021 une loi de programmation triennale sur « le développement solidaire et les inégalités mondiales ». Auparavant, le Conseil présidentiel du développement, nouvelle instance suprême de décision présidée par le chef de l’État, avait tenu dès le 17 décembre 2020 sa première réunion. La loi du 4 août 2021 (art. 7) a créé également un « Conseil national du développement et de la solidarité internationale [constituant] l’enceinte privilégiée et permanente de concertation entre les principaux acteurs du développement et l’État ». Elle institue enfin (art. 12) une « commission d’évaluation de l’aide publique au développement, placée auprès de la Cour des comptes », devant comprendre notamment des élus.

Forces et faiblesses de l’APD française

Mais le point sans doute le plus marquant de cette loi, se substituant à une première législation, la « Loi Canfin » du 7 juillet 2014 sur « la politique de développement et de solidarité internationale », est l’inversion de tendance du pourcentage de l’APD française par rapport au produit intérieur brut (PIB) : de 0,37 % en 2017, il devrait passer à 0,55 % en 2022, se rapprochant ainsi de la norme onusienne du 0,7 %. Les crédits de paiement d’APD du budget français augmenteront en outre fortement, de 3,2 milliards d’euros en 2020 à 4,9 milliards en 2022. La portée internationale de cette évolution est d’autant plus significative que, dans un contexte de restriction budgétaire lié à la pandémie de Covid-19, le Royaume-Uni, qui avait atteint les 0,7 %, a décidé de revenir à 0,55 %.

Cependant, le talon d’Achille de l’APD française se situe toujours dans sa mise en application au Sahel selon l’ « approche intégrée » des « 3 D » (Diplomatie, Défense, Développement) soutenue par Emmanuel Macron depuis son accession à la présidence : elle ne peut avoir d’impact sur la « paix durable » dans des zones où dominent encore insécurité permanente et réponse militaire.

Malgré les promesses du passage de l’ère de l’« aide » à celle de la « solidarité », c’est là un problème concret auquel le système français d’APD, dans sa tradition largement irénique, n’était pas préparé, ni logistiquement ni conceptuellement. Hérité du quinquennat précédent, cet obstacle considérable devra être encore affronté durant le prochain mandat présidentiel, sous les mêmes termes, voire dans une conjoncture sécuritaire encore plus dégradée.